Rencontre avec Mourad Chouihi, directeur du CNCA : Mettre en valeur les chefs-d’œuvre du cinéma algérien

Invité au café littéraire de la radio culture au centre culturel Aissa-Messaoudi, le directeur du centre national du cinéma et de l’audiovisuel (CNCA) Mourad Chouihi a abordé différentes thématiques liées au développement et de la promotion du cinéma en Algérie.

Commençant par définir les missions de son établissements qui sont plutôt administratives, le conférencier a affirmé que le CNCA veille entre autres sur l’exploitation et la distribution des productions, la sauvegarde du patrimoine cinématographique algérien, le suivi et le respect de la loi du cinéma ainsi que le suivi des productions sur le plan technique, organisationnel et financier. Par rapport aux nuances faites avec le centre algérien de développement du cinéma, Mourad Chouihi a indiqué le CADC gère la production et tout ce qui concerne le développement de l’activité cinématographique. L’interlocuteur a indiqué que le ministère de la Culture a consacré depuis 2012 un budget pour numériser certains films qui ont eu de grands succès par le passé, un aspect de grande importance pour le CNCA. « Nous avons reçu au mois de mai dernier certains œuvres que nous avons porté à l’écran, des œuvres classiques et modernes. Nous avons élaboré un coffret de quinze films cultes sous titrés en trois langues, à savoir l’anglais, le français et l’espagnol. Nous allons prochainement l’offrir aux corps diplomatiques », a-t-il confié.

Le conférencier a par ailleurs mis en avant l’un des objectifs de son établissement, à savoir la distribution des films dans l’ensemble du territoire national. Il a évoqué que depuis le mois de mars dernier, des caravanes sillonnent le pays pour projeter des films dans pas moins de 39 wilayas dont des villes éloignées comme Tindouf et Djanet via des écrans gonflables, ce qui a créé de bons échos auprès de la population locale. Mourad Chouihi a par ailleurs indiqué que le CNCA a organisé des projections dans différents lycées en présence de producteurs et critiques, avec notamment l’organisation de débats, le conférencier a souligné que le CNCA a organisé des projections à l’université de Jijel et que des négociations sont en cours pour projeter des films algériens dans les résidences universitaires.

Au chapitre de la formation, Mourad Chouihi a insisté à multiplier les efforts pour former des cadres algériens dans différents domaines aux métiers du cinéma. « Nous n’avons pas beaucoup d’instituts spécialisées dans les métiers du cinéma, il est vrai que l’ISMAS forme, mais ça reste insuffisant, notamment dans des domaines spécifiques qui font de nos jours de grands exploits au cinéma comme le maquillage et le scripte », a-t-il fait savoir.

Au sujet de la récente visite du ministre de la Culture iranien à Alger, Mourad Chouihi est revenu sur l’accord de partenariat signé entre les deux ministères qui devrait porter entre autres sur la formation, la coproduction et la réhabilitation des salles de cinéma. « Le cinéma iranien est devenu une référence dans le monde. Cet accord permettrait à nos professionnels de côtoyer leurs homologues iraniens et en tirer bénéfice sur différents aspects », a-t-il conclu.
Kader Bentounès – El Moudjahed